Publié le · Mis à jour le
La sur-analyse chez les autres
Et si on arrêtait de tout vouloir expliquer chez les autres ?
Nous sommes le Dimanche 11 Octobre 2026, je suis tombé sur une vidéo Tiktok d'une personne qui disait:
"Aujourd'hui, je pense néanmoins qu'on a une tendance à tout psychopathologiser. La moindre tristesse devient un trouble, la moindre singularité devient un symptôme, la moindre difficulté devient une pathologie."
Alors la vidéo s'appliquer pour les enfant mais ce court extrait m'a énormément inspiré... D'ailleurs j'en ai fait une story et j'ai échangé avec quelques personnes et c'était hyper instructif.
Ces dernières années, je trouve qu'on ne laisse même plus de place à l'humain. On veut tout contrôler, tout analyser, tout justifier… et surtout, on veut faire rentrer les émotions, les comportements et même les ambitions des autres dans des cases.
Je ne sais pas si tu vois où je veux en venir, mais j'ai parfois l'impression qu'être humain est devenu quelque chose qu'il faut constamment expliquer, justifier ou faire valider par quelqu'un d'autre.
Tu exprimes une émotion ? On cherche immédiatement d'où elle vient. Tu montres une ambition ? On t'explique ce que tu cherches réellement à prouver. Tu réagis à une situation ? On va parfois jusqu'à te faire comprendre que le problème vient forcément de toi.
Et si, parfois, les choses étaient simplement plus simples que ça ?
Tu es triste ? Tu n'as pas forcément un traumatisme à régler. (ATTENTION, je suis consciente qu’il y a parfois des traumas qui ne sont pas décelés.)
Prenons un premier exemple. Tu exprimes de la tristesse et quelqu'un te répond : « Oh bah alors, c'est sûrement parce que dans ton enfance, ta mère était absente. Il faut travailler sur ta blessure d'abandon. »
Alors oui, bien évidemment que notre histoire personnelle peut influencer nos émotions et nos réactions. Je ne dis pas le contraire. Mais est-ce qu'on peut être juste triste sans forcément avoir un traumatisme qui refait surface ?
Est-ce qu'on peut être déçue par une discussion, blessée par une remarque ou simplement traverser une mauvaise journée sans que tout soit systématiquement ramené à notre enfance ou nos traumas ?
Parfois, tu es triste parce qu'une situation te rend triste. Tu es déçue parce que tu attendais autre chose. Tu es en colère parce que quelque chose t'a blessée.
Toutes nos émotions n'ont pas forcément besoin d'être transformées en enquête psychologique. Parfois, elles ont simplement besoin d'être accueillies et entendues.
_ "Tu as de l'ambition ? Tu ne cherches pas forcément à prouver quelque chose."_
Autre exemple : tu as de l'ambition, tu veux réussir, tu as envie de construire quelque chose qui te tient à cœur. Et là, quelqu'un arrive avec son analyse : « Oh bah, elle veut prouver aux autres qu'elle est capable parce qu'elle n'a pas confiance en elle. »
Ah bon ? 😂
Et si tu avais simplement envie de réussir ? Si tu avais des projets, des rêves, des objectifs qui te donnent envie de te lever le matin ? Pourquoi faudrait-il systématiquement chercher une blessure, un manque ou un besoin de reconnaissance derrière les ambitions de quelqu'un ?
Bien sûr, il arrive qu'on cherche à prouver quelque chose aux autres. Ça existe. Mais ce n'est pas parce que c'est possible que c'est forcément le cas de tout le monde. On peut avoir envie de réussir pour soi, tout simplement.
Et je trouve ça assez fou qu'on puisse parfois chercher autant de raisons cachées derrière une personne qui sait simplement ce qu'elle veut.
À quel moment a-t-on décidé qu'il fallait tout justifier ? C'est finalement ça qui me questionne le plus.
On veut tellement comprendre les autres qu'on finit parfois par leur imposer notre propre interprétation de ce qu'ils vivent. On ne les écoute plus vraiment : on analyse leurs paroles, on interprète leurs réactions et on décide de ce qu'ils ressentent ou de ce qui se cache derrière leurs intentions.
Et quand la personne essaie de nous expliquer son ressenti, on continue parfois à lui démontrer qu'elle se trompe sur elle-même. Mais attends… qui est le mieux placé pour savoir ce que tu ressens ? Toi, ou la personne qui vient de décider que ta réaction est liée à une blessure que tu n'as même pas identifiée ?
Il y a une différence entre essayer de comprendre quelqu'un et lui imposer une explication. Tu peux ne pas comprendre une émotion sans qu'elle soit pour autant illégitime. Surtout que tu peux entendre le ressenti de quelqu'un sans forcément partager son point de vue.
Le pire à mon sens et dans notre époque, c'est quand on utilise ces explications pour culpabiliser l'autre. Parce que parfois, derrière cette volonté de tout analyser, on finit par retourner la situation contre la personne qui exprime un malaise.
Tu expliques qu'une remarque t'a blessée ? On te répond que tu es trop sensible car on est pas responsable de ce que tu peux ressentir et de ton interprétation.
Tu exprimes un désaccord ? On te dit que tu projettes tes propres insécurités.
Tu poses une limite ? On t'explique que tu as un problème à régler.
Tu es ambitieuse ? On suppose que tu cherches à prouver ta valeur.
Bref, à force de tout interpréter, on finit par ne plus laisser à l'autre la possibilité d'exprimer ce qu'il vit sans devoir se justifier. Je trouve ça dommage, parce qu'on peut tout à fait avoir une discussion, ne pas être d'accord, remettre certaines choses en question… sans chercher systématiquement à faire porter la responsabilité à l'autre.
Parfois, il faut aussi accepter que notre comportement puisse blesser quelqu'un, sans immédiatement chercher ce qui ne va pas chez cette personne. On n'a pas toujours besoin de désigner un coupable. Mais on a parfois besoin de se remettre soi-même en question.
Alors, qu'est-ce qu'on pourrait faire différemment ?
Je pense qu'on pourrait commencer par écouter davantage et interpréter un peu moins. Quand quelqu'un te parle de sa tristesse, tu peux simplement lui demander ce qui ne va pas, plutôt que de décider immédiatement d'où vient son émotion.
Quand quelqu'un te parle de ses ambitions, tu peux l'encourager sans chercher à déterminer ce qu'il essaie de compenser.
Quand une personne te fait part d'un ressenti lié à ton comportement, tu peux essayer de comprendre ce qu'elle te dit sans considérer automatiquement que le problème vient de son passé, de ses insécurités ou de sa manière de penser.
Ça ne veut pas dire qu'il faut tout accepter, qu'il faut être d'accord avec tout le monde ou qu'on ne doit jamais questionner les comportements.
Mais il y a une différence entre questionner une situation et invalider ce que l'autre ressent.
Et si on laissait simplement un peu plus de place à l'humain ?
On est tous différents. On a des histoires différentes, des sensibilités différentes, des ambitions différentes et des façons différentes de réagir aux situations.
On peut parfois mal interpréter les choses. On peut aussi avoir des blessures qui influencent nos réactions. Bien sûr. Mais on peut également être triste sans traumatisme, ambitieuse sans chercher à prouver sa valeur, en colère sans être une personne toxique et en désaccord sans avoir un problème à régler.
On n'est pas obligés de tout analyser, tout expliquer et tout justifier pour avoir le droit de ressentir ce qu'on ressent.
Alors aujourd'hui, je t'invite à réfléchir à la manière dont tu réagis face aux émotions et aux comportements des autres. Est-ce que tu les écoutes vraiment, ou est-ce que tu cherches immédiatement à leur trouver une explication ? Est-ce que tu acceptes qu'une personne puisse vivre une situation différemment de toi, ou est-ce que tu essaies de lui démontrer qu'elle se trompe ?
Et surtout, quand quelqu'un te fait part d'un malaise, est-ce que tu cherches à comprendre ce qu'il te dit… ou à lui expliquer pourquoi il ressent ça ?
Parce qu'au fond, comprendre quelqu'un, ce n'est pas forcément trouver une explication à tout. C'est aussi accepter de ne pas tout savoir à sa place.
N'hésite pas à commenter, je serais ravie de lire vos avis.
Et vous, quelle est votre expérience ? Partagez-la en commentaire ou inscrivez-vous en bas de page pour recevoir les prochains articles.
Commentaires
0 commentaireSoyez le premier à commenter cet article.